mercredi 17 janvier 2018

36ième balade-santé MPLP les terrils jumelés bernalmont et belle vue

ill. zeehond

Chaque deuxième dimanche du mois, MPLP organise une balade-santé. Lors de notre balade du dimanche 11 février nous contournerons deux terrils, Bernalmont et Belle-Vue. Belle-Vue est le nom d’un charbonnage, mais on aura aussi de beaux panoramas. Ca monte un peu, et les sentiers peuvent être un peu boueux.  Il y a un rendez-vous à 9h30 devant MPLP et à 10h pile au point de départ effectif, ici au rond point rue de la Station, au pied de l’ancienne gare.

La rénovation de l’ancienne gare Marexhe est imminente

D’ici quelques semaines un important chantier de rénovation va démarrer à cette ancienne gare, inaugurée en 1914, par les Allemands. A ce qu’il parait, ils auraient même payé leur ticket de train.
Il a fallu des années pour qu’un arrangement soit trouvé avec la SNCB qui a finalement accepté de donner à la Ville un droit d’emphytéose de 50 ans. Ce projet de réhabilitation est subsidié par le Feder dans sa programmation 2014-2020. Ce qui ralentit la procédure puisque rien ne peut se faire sans l’aval de la tutelle. Tout à l’intérieur sera démoli sauf ce qui est structurel. L’intérieur sera ensuite transformé de manière polyvalente et modulable. La façade sera quant à elle refaite à l’identique.
photo Warnier
L’endroit sera mis à disposition des associations (Croix-Rouge, de la Régie de Quartier ou encore de la Banque alimentaire…). L’idée est bonne, mais il y a en face l’ex Miguel Hernandez à vendre, avec une salle tout équipé. Et à 100 mètres il y a le Motorium. Et un peu plus loin  a vinaigrerie Lourtie où l’on a construit une maison de quartier, avec plusieurs salles. On va être gâté, en Marexhe-Hayeneux. Ne pourrait-on y faire du logement social ?
Quant à la cour des marchandises, l’idée est de faire de ce terre-plein de deux hectares un petit parc d’activités artisanales. La Ville a chargé la SPI de mener à bien ce projet (La Meuse 16 jan. 2018). La La Compagnie du chemin de fer Liégeois-Limbourgeois
La gare de Herstal est (encore) desservie en semaine par trois à quatre trains dans chaque sens par heure ; 160 dessertes journalières. En cinq minutes on est au centre-ville. Le plan de mobilité de la Ville de Herstal attache à juste titre beaucoup d’importance à cette ligne qui suit d’ailleurs le trajet du tram. Ce qui n’a pas empêche de fermer en 2013 le guichet de Herstal. Pour la SNCB c’est devenu  un point d'arrêt non géré (PANG).
La ligne a été mise en service en 1865 par la Compagnie du chemin de fer Liégeois-Limbourgeois.
Cette ligne desservait la FN, les Acec, la sucrerie de Liers, les Charbonnages de Milmort, Bonne Espérance, et la Grande Bacnure.
Au départ, la gare terminus pour la Compagnie privée était la gare de Vivegnis. Plus tard, le faisceau de garage fut réimplanté à Liers, qui devint donc « Tête de ligne » mais qui perdra bientôt ce statut au profit de Kinkempois. L'État-Belge rachètera le réseau en 1896.

Le Parc Pieper

Un parc a été aménagé sur le site des  "Anciens Etablissements Pieper"
Nicolas Pieper est né à Liège le 31 octobre 1870. Il est le second fils de l’armurier et capitaine d’industrie Henri Pieper qui avait une usine rue des Bayards et à Nessonvaux (Imperia : une voiture hybride ! On n’a rien inventé). Henri est un des fondateurs de la FN. Principal actionnaire, il revend ses parts et quitte le Conseil d'administration de FN en 1895. Ludwig Loewe & Cie reprend les parts et devient alors l’actionnaire majoritaire de la FN, jusqu’en 1918.
Nicolas Pieper monte sa propre affaire, la Fabrique d’armes automatiques Nicolas Pieper, à Saint Léonard (la SPI a aménagé le site Pieper, rue d’entreprises, entre le quai Coronmeuse et la rue Saint-Léonard,  sur une surface de 1,2 ha).
En 1907 Nicolas Pieper construit une nouvelle usine à Herstal. En 1912 il lance une carabine et un pistolet de tir. La firme installe une cartoucherie. L'entreprise aurait employé à son apogée 1000 personnes.
En août 1914, les AEP sont contraints de travailler pour l’occupant allemand à qui ils fourniront de grandes quantités des baïonnettes pour Mauser et des pièces détachées pour pistolets Parabellum P08. Son revolver Bayard 1908 est produit en 100.000 exemplaires pour l’armée allemande. Le dernier numéro de série est 265890.  Le 22 mai 1918 une escadrille de 6 avions bombardait les établissements Pieper. Ils ratent leur cible mais tuent Cathérine Bulton dont le mari était en Angleterre. Elle fut enterrée à Foxhalle. Après l’armistice son mari apprend cette mort tragique ; il perd la raison et accuse les autorités d’avoir fait exécuter cette attaque. Il fut interné à saint Trond où il meurt en 1925. En 1929 Herstal donnait le nom de Cathérine Bulton à une nouvelle rue dans son quartier, entre la rue des Vignes et la rue de Vottem  (Collart-Sacré, La Libre seigneurie de Herstal, éd. Thone, 1927 p.100).
Les Pieper ont-ils été mis sous séquestre après la guerre, le père étant d’origine allemande ? Je n’ai pas réussi à éclaircir cela. Toujours est-il qu’après 1918 Nicolas Pieper s’installe au 292 de la rue Vivegnis où il produit sous brevet Thonon un pistolet de poche semi-automatique Légia, selon certains une copie du FN Browning 1906. Il aurait ouvert aussi un atelier à Paris en 1922. Après 1923 on ne trouve plus trace de ses activités armurières. Il décèdera à Liège dix ans plus tard en 1933 dans la maison familiale de la rue des Bayards.
L’usine de Herstal continuera ses activités sous la direction de Joseph Declaye.  Celui-ci fait breveter et fabriquer un nouveau pistolet (modèle 1923), deux carabines à verrou (modèles 1921 et 1927), des revolvers type Smith & Wesson et une carabine à répétition automatique à chargeur tubulaire. 1934 voit l’adoption d’une version améliorée de la mitraillette Schmeisser-Bergmann par l’armée belge. Les AEP en obtiennent la commande (Mitraillette 34), de même que celle de la transformation d’une partie des vieux Mauser 1889 en Mauser modèle 89/36. Jean-François Declaye succède à son père à la tête de l’entreprise.
En 1940 l’usine est à nouveau réquisitionnée par les troupes d’occupation. Une direction allemande est désignée pour organiser la production de mitrailleuses lourdes pour la Luftwaffe.
Libérés par les Américains en septembre 1944, les AEP reprennent difficilement leurs activités : fusils de chasse, carabines à verrou et à air comprimé, nouveau pistolet automatique 6.35 Browning, mitraillettes Sten. La société liégeoise ARMO leur confie la fabrication du fusil de chasse Actionless à détentes cachées : ce sera un fiasco. La firme est placée en concordat de faillite en 1953, et cesse pratiquement ses activités en 1954. La plupart des bâtiments seront vendus en 1956 et détruits en 1957.

Le GR 412 E (sentier des terrils Est)

Nous montons par le parc Pieper vers la rue des Renards.  Nous sommes ici sur le GR 412 E (sentier des terrils Est). Nous suivons la rue de la Crête dans l’axe de la rue des Vignes. Cette « rue » est bordée d'une série de pavillons, construits par le charbonnage en 1947 pour y loger ses travailleurs étrangers.  Les 20 pavillons de la rue de la Crête étaient réservés aux familles.  Tandis que les pavillons de la rue des Petites Roches étaient aménagés en phalanstère pour les "célibataires".  En réalité, ces "célibataires" étaient pour la plupart mariés mais venus en Belgique sans leurs familles.
Un peu plus loin le château de Bernalmont. La travée centrale est couronnée par un fronton triangulaire aux armoiries de Bernalmont, une famille déjà citée au 13e siècle. Les Bernalmont ont été des grands maîtres de houillères. Le château a été détruit lors de la Révolution française. L'aile principale est reconstruit fin du 18e siècle. De la ferme du château, il ne reste que la grange, devenu club-house du golf. Les bâtiments s'élèvent dans un vaste parc planté d'essences variées. La Grande Bacnure devient propriétaire du château en 1919.
Après la fermeture du charbonnage le château est abandonné et fut le cadre de deux incendies importants.
En 2012 Estate Merchant Investments rénove la ruine pour un hôtel de luxe, situé à l'intérieur du parcours de golf. Les week-ends, grâce au golf, l'hôtel arrivait à faire le plein de clientèle. En semaine par contre, ses couloirs et ses lits restaient quasiment vides. La faillite a été prononcée en automne 2014.
Une faillite un peu étrange, puisque les murs sont restés la propriété des actionnaires Estate Merchant, et seulement les éléments mobiliers ont servi à rembourser les créanciers. Quelques appartements sont proposés à la vente, mais on continue à louer des chambres : 280€ pour 2 nuits chez booking.com (380 prix normal).
Cet édifice appartient à cinq copropriétaires. La famille de Bruno Marcy dispose de sept entités locatives (NDLR : cinq studios et deux chambres).  « Nous les avons réaménagées et donné une dénomination précise comme, par exemple, Calatrava. Une clientèle d’affaires. Des personnes qui apprécient le golf . Il ne s’agit pas d’un hôtel. Nous n’avons pas engagé de personnel. C’est mon papa qui amène le petit-déjeuner » (La Meuse 7 déc. 2016).
 En 2016 Merchant a obtenu une demande d’urbanisme pour la rénovation complète du Château et le Golf Village I (un lotissement de 10 terrains à bâtir et un bâtiment de 24 appartements, et le Golf
Village II (un lotissement de 10 terrains à bâtir et un certain nombre de terrains aptes pour des appartements).
Les nouvelles constructions qui se font au pied du terril de Bernalmont, rue des Petites Roches, sont sur le bourrelet marginal du terril. Si je mets un poids sur la pâte à pain contenue dans une bassine, le poids va en partie s’enfoncer dans la pâte et la pâte se surélever autour du poids ; cette élévation est le bourrelet marginal. Si après j’enlève le poids la pâte va retrouver sa position initiale.
Ce bourrelet est stable tant que le terril est là, mais en cas d’enlèvement du terril ce bourrelet en disparaissant engendrerait des mouvements de terrain nuisibles à la stabilité de la construction. Le building de l’Esplanade de la Paix aussi est construit sur le bourrelet marginal. 
Bien que considéré comme stable ce terril se tasse au fil des années si bien que sa base s’élargit, au moins de quelques centimètres d’année en année.  Cela est causé par les rejets latéraux de schiste dus à la poussée exercée par le poids du terril sur sa base et par l’érosion naturelle des flancs du terril.  En l’absence de périmètre de sécurité, cette croissance de la base du terril atteindra après quelques temps ces nouvelles constructions, ce qui ne peut être que source de conflit entre le propriétaire du terril et ses riverains.  Elles rendront inévitablement plus difficile la gestion d’un terril dont nous souhaitons qu’il devienne, à terme, propriété publique.
Le terril de Bernalmont avait été cerné en 1961 d’une butte de terre délimitant un premier périmètre de sécurité.  Par après les déversements avait été poursuivi jusqu’en 1971 jusqu’à hauteur de cette butte, d’où la nécessité de délimiter un nouveau périmètre de sécurité ce qui n’a pas été fait.  Pour réaliser la construction actuelle l’entrepreneur à enlevé une partie de cette butte en terre.

Le terril de Bernalmont

Le  Plan Communal de Développement de la Nature (P.C.D.N.) de la Ville de Liège a classé le terril de Bernalmont en Zone centrale : c’est un élément essentiel pour le maintien de la biodiversité sur le territoire liégeois. Les terrils de Belle-Vue et de Bernalmont  sont aussi d’un grand intérêt scientifique et paysager et représentant en outre un précieux témoin du passé industriel de la basse Meuse.
Nous contournerons le terril de Bernalmont à sa base, via la Rue des Petites Roches.
La société charbonnière de la Grande Bacnure fut fondée en 1824.  Sa paire supérieure est située à Bernalmont et sa paire inférieure rue Derrière Coronmeuse.  En 1862, la concession de la Grande Bacnure est portée à 290 hectares, elle s'étend sous Liège, Herstal, Vottem et Bressoux. En 1920 elle fusionne avec la Petite Bacnure. On réunit alors les différents sièges par un tunnel qui partait d'un étage inférieur du puits de la Petite Bacnure, à - 30 mètres, pour arriver à - 47 mètres au puits de Gérard Cloes et de là aboutir à Coronmeuse dans la rue J. Truffaut entre les maisons nos 49 et 53.  A la paire inférieure une partie de la production est lavée. Les pierres résidus du lavoir retournaient par un tunnel pour la mise à terril. 
Le terril de Bernalmont a un volume de trois millions de mètres cubes, une hauteur de 84 m, une masse de 4,9 millions de tonnes et il occupe une surface de 11,50 hectares.  Il fut chargé de 1920 à 1971. Le siège de Gérard Cloes fut en exploitation jusqu'en 1960, mais subsista en tant que siège annexe à la Petite Bacnure jusqu'à la fermeture de ce dernier en 1971.
On se rend compte que les deux terrils De Belle Vue et de Bernalmont ont été chargés principalement pendant et après la guerre, quand on compare leur taille actuelle avec les mamelles de 1939, lors de l’Exposition de l’eau.
En plus, ils se chevauchent. Ce ‘jumelage’ ne s’est pas fait sans disputes : les deux charbonnages se sont chamaillés comme des chiffonniers et un géomètre a été appelé assez souvent pour déterminer lequel débordait sur l’autre. Au vu du résultat, il a perdu son temps…
Nous contournons Bernalmont à sa base. Nous débouchons sur le Ravel Rail, un projet intéressant en compensation de la suppression de deux passages à niveau.

Le Charbonnage de Belle-Vue et Bien-Venue

Juste après le treillis anti-éboulement une veine de charbon apparente, ou plutôt une veinette qui a quand même un nom: « Beguine » (parce que stérile, non exploitable). Une deuxième,  «Halballerie», est cachée sous le treillis. Cette veine a été exploitée par la Bacnure où elle se retrouvait à moins 227 m. ! Ces veines en affleurement, donc visible en surface, ont été repérées lors de la construction de la tranchée du chemin de fer. Nous avons sur notre gauche plusieurs départs de sentiers, qui menaient vers des jardins.
De l’autre côté du chemin de fer, où se situe maintenant « La Marée », se trouvait la paire de Belle-Vue et Bienvenue, qui avait un passage comblée sous voie qui servait à transférer les inertes de Belle Vue vers le terril. Le Charbonnage de Belle-Vue et Bien-Venue à Herstal est acquis en 1930 par les Charbonnages du Hasard, dont la concession se situait sur Cheratte, Housse, Barchon, Cerexhe-Heuseux, Soumagne et Fléron. La Société cessera ses activités avec la fermeture de Cheratte en 1977. Ses deux puits se trouvent à 4 mètres du piétonnier de l’autre côté du chemin de fer. C’est dommage que ces 2 emplacements ne sont plus accessibles.  Sur la borne récemment rénovée les chiffres 202002 – 202, le n° attribué par la Région Wallonne à la Concession de Belle-Vue et Bien-Venue. Ces concessions existent toujours au niveau juridique. L’abrégé BV-BV + 002 indique le n° du puits, le n°2.  Dans tous les charbonnages modernes il y avait un N° 1 ou puits principal et un n° 2 puits secondaire.  Les 2 puits étaient utilisés tant pour la translation du personnel que pour la remonte du charbon ; le puits n°1 servait de puits d’entrée d’air et le puits n°2 de retour d’air.  L’air, servant à l’aérage des galeries et des tailles du fonds de la mine était aspiré et refoulé par des ventilateurs et
acheminé dans tous les recoins de la mine par un circuit de porte ouvertes et fermées.  L’aération avait pour but d’amener de l’air frais là où travaillent les ouvriers mineurs, mais aussi d’éliminer l’air vicié par le CO2 et  par le grisou qui se dégageait des couches de charbon, en plus ou moins grande quantité suivant le charbonnage.
Nous tournons à gauche, dans la Ruelle des Renards. La maisonnette marquée au fronton ‘1923’ abritait le treuil de la mise à terril. Nous montons maintenant sur le terril de Belle-Vue. Il a un volume de 1.300.000 m3 et une hauteur de 80 m.  Il a été chargé jusqu'en 1968.  Le terril était chargé par skip, avec au sommet un culbuteur et des glissières.  Un skip est un wagonnet roulant sur la voie inclinée du terril, les roues arrière étaient doublées de façon à produire le culbutage automatique du skips lorsque celui-ci arrivait au sommet du terril. Nous contournons aussi, à mi-hauteur cette fois-ci, le terril de Bernalmont. Nous sommes de retour à l’ancienne gare vers midi.

Autres balades dans le coin

http://hachhachhh.blogspot.be/2016/08/24ieme-balade-sante-autour-du.html                          

Documents

Philippe Frankard, " Flore, végétation et écologie des terrils charbonniers de la région liégeoise" mémoire de licence 1984 au Département de botanique de l’Université de Liège. http://popups.ulg.ac.be/0037-9565/index.php?id=1729



jeudi 4 janvier 2018

Le hasard des mises sous séquestre de 1918 : le charbonnage de Wandre nationalisé.


John Cockerill Varsovie 1840

En résumé

Voici encore une micro-histoire. En hologramme tout un pan de notre histoire, à partir de William Suermondt , petit-fils de John Cockerill et directeur du charbonnage de Wandre. Le jour de l’armistice, le 11 novembre 1918, l'État belge met le charbonnage sous séquestre, comme tous les avoirs des gens d’origine allemande, en garantie pour les indemnités de guerre. Un siècle plus tard, ça vaut la peine de commémorer cette page noire dans notre histoire.
La concession remonte à 1827, avec John et son frère James Cockerill, avant la naissance même de la Belgique. Après la mort de John Cockerill en 1840 Robert et Barthold, fils d’Amalie Cockerill et de Barthold Suermondt,  héritent le „Charbonnage des frères Suermondt“.
Suermondt  est allemand, ce qui suffit à l’état belge à mettre ses avoirs en Belgique sous séquestre, en 1918, parce que de nationalité ennemie. La Belgique se retrouve avec un charbonnage nationalisé ! Un gros problème pour le Parti Ouvrier Belge (POB) ! L’ancien mineur Achille Delattre, secrétaire national de la Centrale Syndicale des Travailleurs des Mines, député et futur ministre, écrivait en 1924 : « la mise sous séquestre posait la question : qu’allait-on faire de ce charbonnage ? Le vendre ou l’exploiter directement ? Le ministre de l’industrie et du travail Wauters déclarait en 1920: ‘le hasard des mises sous séquestre a placé sous le contrôle de l’état un charbonnage de valeur, et le Conseil des Ministres a décidé qu’il y avait lieu de tenter l’expérience d’une exploitation en régie. Quant à la forme à donner à cette régie, il faut rapprocher le plus possible les procédés de gestion de la régie nationale des charbonnages de ceux de l’industrie privée’ ».
Et en effet, cette mise en régie sera copié sur l’industrie privée. Y compris dans sa finalité : il faut refiler au plus vite cette houillère au privé. En 1927 Wandre sera repris par la S.A. des Charbonnages de Bonne-Espérance et Batterie.
Achille Delattre
Le POB est mal à l’aise devant une situation où c’est pourtant les capitalistes eux-mêmes qui foulent aux pieds le sacrosaint respect pour la propriété privé. Non seulement ils mettent le grappin sur les usines de leurs ‘ennemis’. Ils le font aussi avec leurs concurrents des Pays Bas et du Grand Duché qui étaient pourtant restés neutres. Pour les dirigeants du POB cette nationalisation n’est qu’un ‘hasard’. Et aucun n’a le culot de dire : puisque vous le faites entre vous, qu’est-ce qui empêcherait la classe ouvrière d’exproprier tous les moyens de production ?
Ce décret-loi du 10 décembre 1918, qui permet de placer la propriété «ennemi» sous séquestre, pose aussi un problème fondamental de droit. Cette expropriation ne reposait même pas sur une distinction morale entre patriote et traître. Tous les descendants d'un pays ennemi étaient sans distinction victime de la nouvelle loi en raison de leur origine ethnique. Y compris des Belges et apatrides d'origine allemande. On leur enlève leur nationalité belge, entraînant non seulement la perte de leurs biens, mais parfolis aussi la déportation : un camp de concentration est créé à La Panne.  Et ceci d’autant plus facilement que  législation allemande en matière de nationalité était – et reste toujours - ambiguë.
Ca remonte à Bismarck: la Constitution institue, au-delà de la nationalité allemande, une situation d'attente, aux contours volontairement peu précis, conçue pour accueillir toute une série de personnes susceptibles de devenir ultérieurement des nationaux allemands à part entière. C’est ainsi que le 14 novembre 1876, William Suermondt avait retrouvé sa nationalité prussienne après l'avoir perdu en 1866 à cause de son activité à Wandre.
Mais voyons cela un peu en détail.

Les houillères de Wandre :une longue histoire

La houillerie à Wandre existait déjà en 1422 : Renard de Neufchateau, Johan Hannet de Herstal et Thiry Hamaide de Wandre y déclarent qu'ils ont accensé à Henri de Groulle, Seigneur de Herstal, tous les ouvrages de mines de Wandre, Souverain Wandre et dépendances...  Jusqu’en 1740 Wandre fait partie de la seigneurie de Herstal et du duché de Brabant, qui dépendait à son tour du roi de Prusse. En 1549, le prine-évêque Érard de La Marck avait cru obtenir la souveraineté sur la rive gauche (Herstal), la rive droite (l'actuel Wandre) restant sous la souveraineté de la Prusse. D’où Souverain-Wandre. Ce n’est qu’en 1740 que le prince-évêque Georges-Louis de Berghes rachète au prix fort cette seigneurie à Frédéric II de Prusse.  Dans des actes des années 1536, 1545, en 1556   et 1608 on retrouve de nombreux litiges entre les Herstalliens et les Cherattois,autour de  la « voye des deux seigneurs »  ou « voye de déséverance des seigneuries de Herstal et Cheratte ». En 1700 , Joannes de Sarolea , écuyer et
seigneur de Cheratte, reçoit l’autorisation de travailler, par son bure, sous des terres de Wandre. Mais en 1704 le receveur de Herstal dit que la houillère du seigneur de Cheratte étant «périe», il n’a plus perçu le paiement du 25e panier des houilles extraites, selon l’accord intervenu à La Haye en 1682.  (A.E.L. H. reg.250 f° 81 v°).
Vers la fin de l’Ancien Régime l’exploitation charbonnière à Wandre avait cessé. En 1793 Gerard Corbesier reprend l’exploitation aux Marets. Une petite anecdote pour situer un peu l’époque. En 1802 les 60 ouvriers de la houillère de Wandre habitant Herstal entrent en conflit avec le passeur d'eau Collardin, qui voulait abolir la franchise de passage dont avaient joui jusqu'alors les habitants de Herstal, prétendait leur appliquer  le tarif plein des étrangers. Cela aurait coûté 940 frs pour les soixante hommes de la houillère, non compris le double tarif des périodes de hautes eaux. Collardin refusait aussi de passer  les ouvriers isolés, attendant une charge complète; il menaçait de ne plus passer, le soir venu, alors que le travail  retenait les houilleurs jusqu'à 22 ou 23 heures.
La houillère atteint son apogée en 1810, avec 280 ouvriers. Mais en 1820 les biens de la houillère sont dispersés aux enchères.

Un nouveau départ avec les frères Cockerill et les Suermondt

Amalie Elise Suermondt, geb. Cockerill
En 1826 les Corbesier abandonnent leur participation à John Cockerill, qui  s’agrée avec ses potes Suermondt et Manuel Cortes y Campomanes. John Cockerill n’est pas seulement intéressé par le charbon ; c’est lui qui fournit la machine à vapeur en 1828. En 1836 le charbonnage crée un ‘chemin à ornières de fer’, à traction chevaline, pour amener son charbon à la Meuse.
La famille Cockerill était à l’époque particulièrement bien implantée à Aix-la-Chapelle. En 1813, William Cockerill cède ses ateliers à ses fils John, 20 ans, et James, 23 ans, qui se marient avec les sœurs Pastor (Frédérique et Caroline), originaires d’Aix-la-Chapelle. Leur père, le baron du textile Philippe Henry Pastor, était en rapport d’affaires avec William Cockerill. Les frères Cockerill engageront en 1829 comme directeur de leurs usines à Seraing le cousin de leurs épouses, Gustave Pastor, qui épousera plus tard la fille de leur sœur Nancy Cockerill.
James aura sept enfants dont Amélie Cockerill qui épousera Barthold Suermondt, encore un contact d’affaires du père Cockerill. En 1842 Barthold deviendra un des cinq administrateurs de Cockerill.
Bref, tout ce petit monde de capitaines d’industrie se connaissent et se marient entre eux, et n’ont rien à f. des frontières.
Après la mort de John Cockerill, en 1840, Campomanes et les héritiers de John se retirent. En 1844 Yman Dirk et ses fils Barthold et Robert Suermondt héritent la société qui est appelé «Charbonnage des frères Suermondt ». En toute logique, ils investissent en 1856 dans la société anonyme "Compagnie du chemin de fer de Liège a Maastricht et ses extensions", qui passe devant leur mine.
William und Emilie Suermondt
En 1865 le fils de Barthold et d’Amélie Cockerill, William Suermondt, prend la direction du charbonnage et doit pour cela abandonner sa nationalité prussienne ; en 1876 il retrouve cette nationalité prussienne probablement suite aux nouvelles lois sur la nationalité de Bismarck.
Les Suermondt investissent massivement et deux nouveaux puits sont creusés en 1882. En 1910 l’exploitation atteignait l’étage de 540 mètres.
Barthold Suermondt reste actif en sidérurgie : il fonde en 1870 les usines sidérurgiques rhénanes Duisburg-Meiderich. Son fils William prend la direction avec George Octave Pastor, un fils de Gustav, ancien directeur général de SA Cockerill.
La famille développe aussi le mécénat : Barthold Suermondt est à la base du musée d'Aix-la-Chapelle, le Suermondt-Ludwig-Museum, avec le don en 1883 de 105 tableaux de sa Galerie Suermondt. Ce musée est aujourd’hui un top mondial.

1918 : la mise sous séquestre de Wandre : un problème pour la POB

En 1918 la Belgique saisit donc les biens des personnes d’une nationalité ennemie, dont le charbonnage de Wandre des Frères Suermondt. Peu importe les liens de cette famille avec la famille fondatrice de la sidérurgie liégeoise et les interconnexions industrielles entre Aix et Liège. C’est presqu’un retour au Moyen Age où en cas de guerre les ressortissants ennemis étaient pris en otage.
Mais cette saisie posait aussi un gros problème pour les socialistes belges. « La mise sous séquestre posait la question : qu’allait-on faire de ce charbonnage ? Le vendre ou l’exploiter directement ? », se demandait à l’époque.  Achille Delattre, un des spécialistes du POB au niveau mines. En effet, il travailla à la mine de 1891 à 1904 ; il était devenu secrétaire national de la Centrale Syndicale des Travailleurs des Mines de Belgique et député de Mons-Borinage à la Chambre en 1921. Il sera
ministre plus tard. Son ministre de l’industrie et du travail Joseph Wauters déclarait en 1920: « le hasard des mines sous séquestre a placé sous le contrôle de l’état un charbonnage de valeur, et le Conseil des Ministres a décidé qu’il y avait lieu de tenter l’expérience d’une exploitation en régie. Quant à la forme à donner à cette régie, il faut rapprocher le plus possible les procédés de gestion de la régie nationale des charbonnages de ceux de l’industrie privée. Je crois que la classe ouvrière, de plus en plus, voudra participer, non seulement à la détermination des conditions de travail, mais aussi à la gestion même des entreprises. Vous aurez à examiner, par la suite, jusqu’où devra s’étendre l’action de la collectivité».
Un peu plus tard Wauters dira: « le charbonnage de Wandre est le premier petit cristal autour duquel vont venir d’agglomérer peu à peu les autres charbonnages ; et au fur et à mesure qu’ils seront installés, les vieux charbonnages qui vont clopin-clopant et qu’on va réunir en des concessions seront exploités d’une façon moderne par l’Etat ».
Wauters n’a pas le temps de déposer un projet : en 1921 les ministres socialistes sont éjectés. Le récit d’Achille Delattre s’arrête là. Il ne dit rien dans sa brochure sur la manière dont Wandre est géré sous statut public (La nationalisation des Mines, dans L'Eglantine, 1923, N°12  p.40). J’interprète ça comme un manque d’intérêt pour cette question de nationalisation. La production annuelle était montée pendant ces années à 65.000 tonnes, avec 545 travailleurs, contre 55.000 avant-guerre (le top sera 312.000 T en 1959, avec 1800 emplois. Wandre sera fermé en 1962).
Le POB n’y était pour rien : le parti se retrouve dans l’opposition entre 1921 et 1925, mais J. Wauters retrouve son ministère de l’Industrie et du Travail dans le Cabinet bipartite Poullet -Vandervelde le 17 juin 1925,  et le conserve dans le Cabinet tripartite Jaspar I (20 mai 1926-21 novembre 1927). Or, son premier petit cristal est toujours là : c’est en octobre 1925, sous sa direction, que le gouvernement
annonce la mise en adjudication du charbonnage. La SA des Charbonnages de Bonne-Espérance et Batterie obtient l’adjudication pour 5,6 millions de frs le 7 octobre 2017.
Quand on lit Delattre, on se rend compte que le POB n’a pas de projet digne de ce nom. En 1920 sa Centrale des Mineurs dépose un projet pour Wandre, en précisant qu’ils n’entendaient pas le lier à la nationalisation des mines. A la question : faut-il racheter, Delattre dit que « pas plus ceux qui soutiennent qu’il faut racheter que ceux qui prétendent qu’il faut exproprier sans indemnités n’ont raison absolument ».
Il se lance quand même dans un raisonnement de nationalisation avec indemnisation, certes modeste :  « Si on décide d’indemniser, devra-t-on prendre comme base de valeur des charbonnages au moment de la socialisation ou bien la valeur des actions au moment de leur émission ? Il préconise le rachat au taux d’émission. Elle représente ce que les actionnaires du début ont réellement payé pour mettre les charbonnages à fruit. Mais les charbonnages valent bien plus que le capital du début, nous rétorquent les actionnaires. Sans doute, mais cela c’est du travail accumulé et ce sont les ouvriers qui ont produit cette plus-value ; A ce prix, c’est 400 millions que l’Etat devrait débourser pour reprendre tous les charbonnages. Ce n’est pas énorme quand on sait que depuis l’armistice elles ont réalisé 300 millions de bénéfices ».(p.51-52)
Mais quand se Centrale des Mineurs sera au pied du mur, lors de son congrès de 1939, elle se limitera à revendiquer, à défaut de la nationalisation, la concentration des entreprises en cinq sociétés de bassin.

Le régime minier belge

Delattre évoque aussi un problème du côté du régime minier belge, avec « l’impossibilité où il met l’état de devenir lui-même exploitant direct des richesses du sous-sol ». Une interprétation très spéciale de ce régime qui remonte à la Révolution française et qui en fait transfère la propriété du sous-sol à la nation. Evoquer cela pour ne pas nationaliser, c’est le monde à l’envers…
Ce régime remonte à la loi du 28 juillet 1791 inspirée par Mirabeau. Il substitue au « privilège exclusif d’exploiter » le principe que « les mines et les minières sont à la disposition de la nation ». Leur exploitation exige désormais une concession. En 1810, le gouvernement peut sélectionner parmi les différents demandeurs le plus apte à réussir l’exploitation. La loi de 1810 attribue aussi à tout concessionnaire un titre de propriété incommutable.
Un siècle plus tard – et là, nous ne sommes plus dans la République mais dans le Royaume de Belgique - les lois coordonnées de 15 septembre 1919 art.7 précisent les bases de la propriété minière en Belgique : la concession crée la propriété à perpétuité, mais les mines ne pourront être vendues ou cédées sans une autorisation du gouvernement. L’art.40 dit que l’exploitation d’une mine n’est pas un commerce ; donc une société minière peut être en liquidation, mais jamais en faillite. En cas de liquidation, celle-ci ne peut être clôturée avant que la concession n’ait été cédée ou que le concessionnaire n’ait été admis à y renoncer (art 67).
Je ne suis pas juriste, mais il me semble que l’esprit de cette loi est que ces concessions, tout en étant propriété incommutable, peuvent en cas de blocage être reprises par l’Etat.  
Ceci dit, je comprends maintenant pourquoi pas mal de terrils en Wallonie appartiennent à des charbonnages en liquidation. Je croyais que c’était un choix des anciens propriétaires de garder ce statut de société en liquidation, en attendant une bonne occasion de vendre ces terrains. C’est donc la concession qui crée la propriété à perpétuité. Ceci dit, cela n’est à mes yeux pas une excuse pour laisser cette situation perdurer : comme c’est l’état qui ‘donne’ la concession, il peut très bien la reprendre et je ne vois vraiment aucun argument pour indemniser ni pour laisser ces concessions dans les mains de sociétés-fantômes.  Maintenant, je veux bien accepter l’argument que les terrils sont plus en sécurité dans les mains de ces sociétés en liquidation que dans les mains d’un état néo-libéral qui est capable de les brader…

Le séquestre : un problème fondamental de droit

William Suermondt
Cette loi de 1918, qui place la propriété «ennemie» sous séquestre, pose aussi un problème fondamental de droit. La loi ne faisait même pas une distinction morale entre patriote et traître. Tous les descendants d'un pays ennemi étaient visés, y compris des Belges à double nationalité ou les apatrides d'origine allemande. La double nationalité était courante pour les gens d’origine allemande, à cause de la Constitution  de Bismarck qui avait créé une sorte d'antichambre pour toute une série de personnes susceptibles de devenir ultérieurement des nationaux allemands à part entière. C’est ainsi que le 14 novembre 1876 William Suermondt avait retrouvé sa nationalité prussienne après l'avoir perdu en 1866 à cause de son activité à Wandre.  
Dans le cas de double nationalité, ils perdaient la nationalité belge, entraînant la perte de leurs biens et la déportation : un camp de concentration est même créé à La Panne. On a fait ça pour des familles comme les Suermondt où il y avait du flouze à ramasser, mais on l’a fait aussi pour les petites gens comme l’arrière grand-père de ma femme, l’horloger Gottfried Wilhelm Heinig, né en 1851 à Kothen, Saxe-Anhalt. La famille a caché ces roots allemands lien pour protéger son fils Jean-Baptist qui avait pourtant passé la guerre sous les drapeaux belges et était revenu du camp de concentration d’Altengrabow en février 1919 (plus – en néerlandais sur http://huberthedebouw.blogspot.be/2017/10/een-microgeschiedenis-van-een.html ).
Pendant un siècle, le sujet de ce séquestre – qui en fait revenait à une expropriation puisque l’Allemagne arrête quelques années plus tard le paiement des indemnités de guerre – a été un tabou. Ce n'est que récemment qu'un inventaire a été fait de tous les biens qui ont été saisis après la grande guerre.  Quelques chercheurs comme Monika Triest – que j’ai rencontré sur un autre sujet : le grève des femmes de la FN de 1966 - a travaillé sur ces archives.
Franck Caestecker de l’UGent a démontré qu’environ 9.000 personnes de nationalité allemande furent contrain­tes de s’exiler en 1919-1920, alors qu’un tiers d’entre elles étaient pourtant nées en Belgique et que d’autres y étaient installées bien avant la guerre.
La loi de 1919 sur la nationalité a donc créé une vague de dénationalisation. Un autre chercheur gantois Tom De Meester souligne le caractère ethnique-nationaliste prononcé de cette opération. Le décret-loi permet de placer la propriété «ennemi» en Belgique sous séquestre en attendant un règlement définitif. Dans une circulaire du 12 février 1918 le ministre de la Justice Vandervelde décide que les biens des apatrides aussi devaient être mis sous séquestre. Ces avoirs sous séquestre étaient considérés comme une arme supplémentaire dans les négociations de paix. L'article 297 du Traité de Versailles stipulait que les avoirs allemands en Belgique pouvaient être vendus au profit du Trésor belge – sous-entendu en compensation pour les indemnités de guerre à imposer à l’Allemagne.
Je ne connais aucun chercheur francophone qui a abordé le sujet qui mériterait pourtant d’être soulevé à l’occasion du centenaire de l’armistice.
Cette micro-histoire de William Suermondt , petit-fils de John Cockerill et directeur du charbonnage de Wandre, est donc aussi l’histoire du gène du Parti Ouvrier Belge (POB)  devant ce charbonnage nationalisé.  Et d’une page noire dans notre histoire qui mériterait, un siècle plus tard,  une autocritique: cette mise sous séquestre de tous les avoirs des gens d’origine ennemie devrait nous faire réfléchir sur les voix qui se lèvent aujourd’hui pour lever la double nationalité.

Sources

https://www.journalbelgianhistory.be/fr/system/files/article_pdf/BTNG-RBHC,%2019,%201988,%201-2,%20pp%20147-171.pdf A. DELATTRE, La nationalisation des Mines, dans L'Eglantine, 1923, 1ère année N°12
http://www.just-his.be/eprints/2890/ De Wée, M. and Houtart, A. (1922) Le séquestre et la liquidation des biens allemands en Belgique (Loi du 17 novembre 1921). UNSPECIFIED, pp. 253-281.
Tom De Meester, « De natie onder vuur. De impact van de Eerste en de Tweede Wereldoorlog op de juridische afbakening van het ‘eigen volk’ », in Bijdragen tot de Eigentijdse Geschiedenis, nr. 3, 1997, p. 74. https://biblio.ugent.be/publication/277014
http://bildungsblog.hypotheses.org/208 Déchéance de la nationalité. Des Allemands aux jihadistes
13/09/2014
L’article « Faut-il s’en prendre aux allocations et à la nationalité des “returnees » ? (3 septembre 2014 La Libre Belgique) reprend l’interview de Christine Defraigne (députée wallonne et de la fédération Wallonie-Bruxelles – MR) qui propose de faciliter la déchéance de la nationalité :« Il s’agit de rendre efficaces les procédures de déchéance de nationalité pour les terroristes, mais aussi pour les extrémistes – notamment dans le cas d’appel à la haine, on élargit donc le champ d’application – qui ne sont pas belges depuis leur naissance»
http://www.ialg.be/ebibliotheque/bial/bial083.pdf J. RENARD, VIE ET MORT  D'UNE INDUSTRIE
MULTISÉCULAIRE  LA HOUILLERIE A WANDRE  DEUXIÈME PARTIE CHAPITRE I (1793-1820)
Sur l’historique des houillères à Wandre http://cheratte.net/joomla1.5/index.php?option=com_docman&task=doc_download&gid=6&Itemid=2