vendredi 4 août 2017

32ième balade-santé : le patrimoine de Herstal le long de nos Ravels et sentiers partie II


Médecine Pour le Peuple Herstal participe aux Journées du Patrimoine 2017, sur le thème "Patrimoines et RAVeL". Ca tombe le deuxième dimanche du mois, jour de notre balade santé mensuelle habituelle. Notre 32ième balade santé de dimanche 10 septembre part donc à 10h au pied de la nouvelle gare, place des Demoiselles (comme d’hab, il y a un rendez-vous à 9h30 devant MPLP). Le samedi 9 septembre le départ est à 14h à la gare.
Nous proposons une balade sur le Ravel Rail, le GR des terrils, le Ravel de liaison Liers-Meuse, le sentier 86, le Ravel 76 et le Ravel Meuse. Et, cerise sur le gâteau, la nouvelle voirie entre le quai de l’Abattoir et le parking en dessous du nouveau centre administratif et entre la rue Faurieux et la rue Lamoureux. Dans la première partie de mon blog je décris e.a. la nouvelle gare, Grand Prix d’Architecture de Wallonie, l’ancienne gare, selon l’IPIC « Construction d'allure monumentale », la Chapelle de la Vierge des pauvres, les haies de ligustrum de la Cité des Monts qui auront cent ans en 2028, le Ravel de la ligne 76 et le projet New Market au Pré‐Madame.
Cette deuxième partie décrit le chemin de Prémadame, via le vieux château et la nouvelle voirie vers la parking en dessous de notre Nouvel Hotel de Ville et la nouvelle voirie entre la rue Faurieux et la rue Lamoureux.

Une Maison Dieu, un temple Antoiniste et un vieux château

En face du pré Madame se trouvait au XVI siècle un hôpital ou Maison Dieu. Est-ce un hasard de l’histoire : au 81 de la rue Émile Tilman, un temple Antoiniste, des guérisseurs aussi (ce qui n’était peut-être pas le cas de la Maison-Dieu.
L'antoinisme est un mouvement d'inspiration chrétienne qui célèbre les fêtes catholiques. Le fondateur est décédé voici 100 ans. Louis-Joseph Antoine  a longtemps travaillé comme ouvrier, d'abord dans les mines puis dans la métallurgie. En 1910 Antoine découvre ses dons de guérisseur: il se rend compte qu'il peut manipuler les fluides (pensées). Il croit aussi en la réincarnation, mais seulement d'humain à humain. Plus l'être se réincarne, plus il a des chances d'atteindre «l'état divin». Quand l'humain parvient à cet état, le cycle des réincarnations s'achève (il faut une fin à tout).
La maladie serait le produit de notre imagination (« Le mal n'existe pas ») et les épreuves que nous endurons sont des complications dues à nos vies antérieures. « L'Opération générale » consiste à prier pour transmettre le bon fluide. S'ensuit « La lecture », où le desservant lit des passages des livres d’Antoine. L'antoinisme a gardé les principales fêtes comme la Toussaint ou la Noël. Trois autres célébrations sont venues s'ajouter à son calendrier: la « Fête du Père » (pour célébrer la mort d'Antoine) mais aussi la fête de « La Mère » (sa femme Catherine, qui avait pris la relève à sa mort) et la date à laquelle le premier temple a été consacré. Selon le directeur de Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles, « c'est un culte belge pour lequel nous n'avons jamais eu de plaintes en 12 ans, un cas assez rare pour le signaler ».
Ce culte remplace donc en quelque sorte cette Maison Dieu que l’on accédait par la ruelle de l’Hôpital.

Le frère François Tinlot, architecte des temples antoinistes

Puisque c’est une balade parle patrimoine, on parlera aussi un peu de François Tinlot, architecte des temples antoinistes de de Sclessin, Liège, Fragnée, Visé, Momalle, Herstal, etc.. Le frère Tinlot faisait partie du Conseil d'Administration du Temple Antoiniste, à côté de Mr Louis ANTOINE, Guérisseur, membre de droit. Il fait aussi des plans d'usine; comme la maison Saroléa de Herstal ou les Forges et Estampage Gillet (Quai Abattoir).  Via la rue du Tige et la rue E. Tilman nous débouchons ‘derrière les rieux’. Où sont ces rieux ? Il y en a deux : le rieu des Moulins qui écoule les eaux de Vottem et de Milmort, et un second qui descend la rue de Trois Juin.

Le manoir Hanxeller

La vénérable rue du Vieux Château débouchait à l’époque dans la rue du Chou et possédait une seconde issue au Tige qui était avant la ruelle Jobé. Sur la carte Ferraris on voit un bras d’eau (les rieux !) longeant la propriété. Ce Vieux Château est ce qui reste du manoir Hanxeller, construit vers 1575 et détruit en 1854. « Elle constitue le seul vestige de la Renaissance italianisante conservé à Herstal", expliquait notre échevin André Namotte (CDH), lors d’une ouverture au public en 2009. Je lui demanderai à la prochaine occasion ce que veut dire ‘Renaissance italianisante’. L'inventaire du patrimoine de Herstal, de l’Ipic, parle destyle mosan: Place Licour 13, «en retrait, la Tour Pépin est un vestige de l'ancien manoir Hanxeler ou château de Herstal, érigée à la fin du 16e siècle dans un style traditionnel mosan. À l'angle sud-est, la chaîne d'angle en tuffeau est interrompue par un fût de colonne en calcaire dont un des tambours porte les armoiries de Hanxeler et Speis et la date de 1597. Renforcée par des chaînages d'angle, la bâtisse en briques, calcaire, grès et tuffeau est coiffée d'un toit à deux versants à croupes d'ardoises; baies à croisée ou traverse sur piédroits chaînés. À la façade est, vestiges de jambages gothiques en calcaire.

La tour Pépin : un hoax?

Selon d’autres sources, le bâtiment est construit sur « les restes d'une tour romane entièrement aveugle, appareillée en moellons de grés houiller sur une base peut-être carolingienne ». Ce qui explique que des les nostalgiques de Charlemagne (et ils sont nombreux à Herstal !) l’ont appelé erronément ’tour Pépin’. Nous verrons plus loin que les fouilles de 2010 n’ont pas trouvé d’éléments antérieurs à la fin du XVième siècle.
Ce château a été détruit en 1857 par Jean-Michel Courard pour y construire sa maison. Dommage pour notgre vieux château, même si la Maison Courard est aussi repris dans l’IPIC,  « un double-corps bien conservé en brique et calcaire, de cinq travées sur deux niveaux, sous toiture d'ardoise à deux versants. La façade symétrique à l'architecture soignée est percée de baies à linteau déprimé. Un petit balcon agrémente la baie centrale de l'étage. Un décor original en calcaire, fait de redents et d'une frise d'arceaux en plein cintre, souligne la corniche. Une lucarne à encadrement chantourné ponctue le centre de la toiture ».
L’erreur sur la tour Pépin remonte au moins à 1844, donc encore avant la démolition du château, quand le ‘Guide du Voyageursur la Meuse; ou, description du fleuve, des villes, villages, châteaux’ dit que « Herstal a été fort célèbre dans l’histoire de France, sous les rois de la seconde race. On remarque encore aujourd’hui, sur la grande place, dite Li Cour, les restes de l’ancien palais, avec deux tours, de Pepin-le-Gros, à qui tous les histoires donnent le surnom de Herstal, pour le distinguer de son aieul Pépin de Landen ».
 Simenon en rajoute une couche en évoquant, dans ‘Pédigrée, son grand-père Guillaume Brüll, « habitant avec toute se famille dans l’ancien château de Pépin de Herstal. Maman, tu avais cinq ans donc, quand tu as quitté le vieux château de Herstal, qui avait été démolie lorsque j’ai eu l’âge de regarder autour de moi. Pendant tes derniers jours, pensais tu parfois aux piles de bois qui s’entassaient autour du château de Herstal ? »

Une rénovation ratée ?

La tour est classé en 1962. Mais classement ne signifie pas nécessairement rénovation. En 2009 on apprend que la tour allait être rénové et transformé en espace de bureaux par Guy Paternotte et sa société GP Consult, spécialisée dans la rénovation du patrimoine. Le bureau Archi2 qu’il dirige a présenté ses projets pour la tour et la ville de Herstal avait même décidé de participer à cette rénovation en adjoignant un éclairage.
Ce projet a eu le mérite d’avoir relancé les recherches. Suite au succès des visites en septembre 2009, une conférence a réuni Jean-Marc Léotard, archéologue, Caroline Bolle, maître en architecture et Jean-Luc Charlier, docteur en histoire de l’art et archéologie (tous trois actifs au service de l’Archéologie de Liège du Service public de Wallonie), et Olivier Verheyden (école supérieure des Arts Saint-Luc Liège), qui effectuent depuis 2007 des recherches sur le site.
Selon Caroline Bolle, et Jean-MarcLéotard, les plus anciens vestiges ne seraient pas antérieurs à la fin du XVième siècle. Cliquez ici pour le résultat des fouilles de  l’été 2010, suivies en 2011 par une analyse dendrologique.
Mais Guy Paternotte ne fait rien : un dossier qui n’est pas très glorieux pour quelqu’un qui prétend être spécialiste de la rénovation du patrimoine…
Selon la DH, en décembre 2013, le conseil communal aurait voté l’acquisition de la tour Pépin.Mais dans le rapport de ce conseil mon cama Johan ne retrouve rien. Mystère?

Hanxeler, un homme de paille de Guillaume I d’Orange

En fait, Herstal n’a pas besoin d’inventer une tour Pépin : l’histoire de Hanxeler suffit largement pour intéresser un large public. Notre Hanxeler était en fait un homme de paille de Guillaume I d’Orange, au moment où il mène la guerre contre l’Espagne catholique. En 1561, suite à son mariage avec la fille protestante de l'électeur de Saxe, Guillaume change allégrement de religion. Le favori de Charles Quint devient persona non grata et ses biens sont confisqués en 1569 par le duc d’Albe. Dans ces biens, sa Seigneurie de Herstal. Guillaume met ces biens en gage auprès de Hanxeler pour 26.000
florins ; une opération qui empêchait l’Inquisition de mettre la main dessus. Ce François Hanxeler, chevalier de l'Ordre Teutonique depuis 1549,  s’attribue le titre de ‘seigneur gagiste de Herstal’ et y construit en 1575 un manoir. Cet Ordre avait son mot à dire à Liège. Ce qui explique que ce qu’on appellerait aujourd’hui un ‘montage financier’ a marché.
C’est d’autant plus étonnant que la principauté  de Liège était en plein impliquée dans le conflit. En 1568  Guillaume avait lancé une attaque sur les Pays Bas espagnols via la principauté de Liège. Un assez bon nombre de liégeois lui firent croire qu'il lui serait facile de se procurer des intelligences dans la place. Je n’ai retrouvé aucune référence historique, mais n’est-il pas permis de penser que la rocade de Guillaume par Liège est aussi motivée par ses liens avec Herstal ? C’est un peu comme s’il jouait à domicile de sa Seigneurie de Herstal…  Le 28 octobre 1568 il s’était présenté devant Sainte-Walburge, mais les états de Liège refusent le passage. Guillaume brûle alors les abbayes de Saint-Laurent, de Saint-Gilles et du Val Benoît, Sainte-Marguerite, Hocheporte et Sainte-Walburge et essaye à travers le Brabant de faire sa jonction avec les huguenots français. Le renfort huguenot s’avérant assez faible, Guillaume se retire sur Strasbourg.
En 1603 Herstal retourne aux Nassau (source Collart, André, La seigneurie de Herstal sous les Hanxeller : 1568-1604).
La maison royale de Hollande porte toujours le titre de Seigneur de Herstal !

Le Ravel Meuse

Au bout de la place de la Licour nous prenons une ruelle (sans nom ?) qui aboutit dans la rue Léonard Jehotte et un autre chemin (sans nom) parallèle au Boulevard. On se rend compte de la coupure que représente cette demie autoroute entre la Ville et Le Ravel Canal. Cette voie sera bientôt à quatre bandes tout le long, après la réouverture de la bretelle d’accès de l’échangeur n°35 vers Aix-la-Chapelle. Nous vous invitons à réfléchir à la cicatrisation de cette coupure.
Le Plan Communal de Mobilité Herstal a mesuré en 2009 sur les boulevards 10.000 voitures par jour dans chaque sens. Le PCM préconisait de profiter du réaménagement des boulevards Solvay et Gramme « pour y sécuriser les traversées et relier Herstal-centre au RAVeL Les rond-point à la plupart des carrefours avec les pénétrantes dans Herstal doivent présenter une branche au gabarit cycliste vers le bord du canal. Le Pont de Wandre est le seul ouvrage permettant de relier directement Herstal à la rive droite de la Meuse. Il est donc un passage obligé pour les cyclistes souhaitant traverser le fleuve et doit en ce sens leur permettre une circulation en toute sécurité. Dans un premier temps, on pourrait partager l’usage du trottoir sur le pont entre les piétons et les cyclistes; aménager les bordures pour permettre aux cyclistes de  monter de façon confortable sur le trottoir partagé, voire aménager une passerelle pour cyclistes accolée au pont (exemple du Pont Atlas à Liège) ».
Le long du Ravel Canal nous avons le complexe de l’île Monsin, trilogiport avant la lettre. Sans oublier le pont de Wandre de Greisch (1987), classé patrimoine historique majeur en 1993, à peine six ans après sa construction. Sur la rive droite du canal, la ‘route du feu’, ou plutôt la route de la fonte. Dans les années 60 l’Espérance-Longdoz construit une nouvelle aciérie et un train à larges bandes à Chertal. Entre ses haut-fourneaux (on vient de dynamiter le dernier, le HF6 à Seraing) et cette nouvelle aciérie la fonte est amenée en wagons thermos. Les rails sont toujours là, sauf un petit bout  que démonté en 2013 pour empêcher une centaine de wagons-thermos de partir vers Sidmar.

Une nouvelle voirie pour le parking en dessous du nouveau centre administratif.

Le nom ‘quai de l’Abattoir’ interpelle : c’était un quai du temps de l’ancien canal Liège-Maestricht. Là se trouvaient e.a. les Forges et Estampage Gillet. Les motos Gillet faisaient partie des Demoiselles de Herstal. La couche de cendres visible au dessus des pieux de la paroi de pieux sécants (je viens de découvrir le terme) pourrait provenir de l’usine de Gillet, construite par le frère Antoiniste Tinlot. Reste à expliquer la couche de terres au dessus.
Nous avons une belle vue sur le chantier de la nouvelle voirie pour le parking en-dessous du nouveau centre administratif. Pourtant, le permis du 19/1/2010 prévoyait l’accès au parking via la rue des Mineurs! On apprend aujourd’hui que cet accès était provisoire. Cet accès n’a d’ailleurs jamais été utilisé et est impraticable: l’accès se fait par la friche des ateliers Kraft où la Ville essaye d’attirer un promoteur immobilier. Le Conseil d’administration d’Urbeo « a constaté le 4 octobre 2016 la fin du ‘dialogue compétitif’ entamé en avril dernier pour la promotion immobilière  située entre la nouvelle cité administrative et le boulevard urbain. Urbeo, bras armé du développement urbain herstalien, souhaite en effet maintenir un haut niveau d’exigence qualitatif pour valoriser un hectare de terrain stratégiquement situé au cœur de la Ville : le meilleur terrain mérite le meilleur projet. Dès lors, la promotion « La Ruche » est temporairement gelée mais le site va d’ores et déjà faire l’objet de plusieurs aménagements pour offrir rapidement une plus-value pour les usagers du centre en créant un espace de respiration et de détente pour les Herstaliens. Une nouvelle voirie d’accès au site depuis le hall omnisports Michel Daerden va être réalisée dès le printemps prochain pour accéder au centre administratif et favoriser la future promotion immobilière toujours souhaitée. Le bâtiment « Kraft » va également être démoli pour permettre d’améliorer le cadre de vie des riverains de la rue des Mineurs et amplifier les opportunités de développement du site ».
En fait, la nouvelle voirie sert à rendre la friche ‘Kraft’ plus attractif en ne lui imposant aucune contrainte point de vue accès au centre administratif.
Si je comprends bien, en 2010, on a décidé de créer un parking en dessous du centre administratif sans savoir par où on allait entrer… Six ans plus tard, on arrive à la conclusion que la connexion prévue par la rue des Mineurs « engendrerait de nouvelles expropriations et amènerait un charroi important au carrefour E. Dumonceau/Mineurs, déjà engorgée où passent plusieurs lignes de bus ».
Cette nouvelle voirie très raide ne sera pas du tout attractif pour le piéton. Et un accès piéton reliant le parking du nouvel hall omnisport vers la piscine fera l’objet d’une demande en permis d’urbanisme à venir. «Une liaison mode doux est prévue dans le haut de la rue des Mineurs mais celle-ci dépendra de la future promotion immobilière».
Par contre, on a pensé à la favorisation « d’une flore herbacée diversifiée (plantes à fleurs inféodées aux milieux secs et sols non amendés). Il y a lieu de ne pas mettre en place la couche de terre arable de finition prévue dans le sujet, mais de laisser les remblais bruts. Nous recommandons l’emploi d’un mélange de type ‘pré fleuri’ composé de 20% de dicotylées (plantes à fleur) et de 80% de graminées suivant une densité de 100 à 200 kg/ha. Les semences doivent avoir une origine locale (wallonne) certifiée ». Peut-être veut on ainsi compenser l’horreur de cette façade végétalisée où la moitié des bacs ‘verdurisés’ sont morts ? Je suppose qu’il y aura une consultation démocratique sur le pourcentage de graminées…
Nous passons par le chantier de la nouvelle voirie entre la rue Faurieux et la rue Lamoureux pour rejoindre notre point de départ.
Je vous le vends pour le prix que l’on a vendu le projet de ‘poumon vert au coeur de Herstal’ au programme Feder : « l’Espace Browning, ancien site industriel (une usine désaffectée et un terrain) s’étale sur deux niveaux entre les rues Faurieux et Jean Lamoureux. L’aménagement de cet espace en parc urbain  a pour objectif d’offrir un espace culturel et de détente ». 

lundi 31 juillet 2017

Balade santé: le patrimoine de Herstal le long de nos Ravels et sentiers Partie I


Médecine Pour le Peuple Herstal participe aux Journées du Patrimoine 2017, sur le thème "Patrimoines et RAVeL". Ca tombe le deuxième dimanche du mois, jour de notre balade santé mensuelle habituelle. Notre 32ième balade santé de dimanche 10 septembre part donc à 10h au pied de la nouvelle gare, place des Demoiselles (comme d’hab, il y a un rendez-vous à 9h30 devant MPLP). Le samedi 9 septembre le départ est à 14h à la gare.

Les charmes de nos Ravels

Herstal compte 4 Ravels, mais il n’est malheureusement pas possible de les arpenter tous les quatre lors d’une balade de deux heures. Vous ne verrez donc pas le Ravel Liers – Ans (la ligne 31).
Nous proposons une balade sur le Ravel Rail, le GR des terrils, le Ravel de liaison Liers-Meuse, le sentier 86 repris dans le vénérable Atlas des sentiers vicinaux de 1841, le Ravel 76 et le Ravel Meuse. Et, cerise sur le gâteau, la nouvelle voirie entre le quai de l’Abattoir et le parking en dessous du nouveau centre administratif et entre la rue Faurieux et la rue Lamoureux.
La balade fait 8 km biens faits, avec un dénivelé de +- 50 mètres (il faut quand même monter sur ‘les Monts’). Je me réserve la possibilité de prendre quelques raccourcis par rapport à ce que vous lisez ici, question de rester dans la fourchette de deux heures.
J’espère vous faire découvrir les charmes de nos Ravels, et en même temps vous confronter à certaines lacunes, surtout point de vue maillage. Notre Ravel Rail n’est pas relié au Ravel Canal, le Ravel de la ligne 76 s’arrête Avenue de l’Europe et le sentier 86 que nous empruntons pour relier le Ravel de liaison et le 76 n’est pas vraiment une bretelle de rocade. Un système points nœuds comme on a développé au paradis des voies lentes, au Limbourg, est basé sur un maillage de ces points.
On passera devant des édifices repris dans l’Inventaire du patrimoine culturel immobilier (IPIC), mais on sera aussi attentif aux éléments du patrimoine menacés, comme ces tombes du charbonnage
la 'tombe' du charbonnage Belle-Vue
Belle-Vue ou la maisonnette qui abritait le treuil de la mise à terril dans la Ruelle des Renards.
Et puis, il y a des bâtiments comme la Chapelle de la Vierge des pauvres en préfab dont on ne soupçonne pas l’importance architecturale. Cette chapelle était du provisoire. L’église n’a jamais été construite. Mais ce préfab a été construite sur un système développé par un architecte prestigieux, Louis Herman De  Koninck,  dans le cadre d’un concours d'habitations à bon marché en marge de l'exposition internationale de 1930.
Sur le Ravel Meuse le pont de Wandre de Greisch a été classé patrimoine historique majeur à peine six ans après sa construction.
Comme vous voyez, du patrimoine il y aura.  

Place des Demoiselles et une ‘gare’ qui n’en est pas une…


La dénomination Place des Demoiselles réfère à l’histoire motocycliste de Herstal, avec Saroléa, Gillet, Bovy ou Brondoit. La nouvelle gare a reçu le Grand Prix d’Architecture de Wallonie dans la catégorie non-résidentiel. Selon architectura.be, « la conception du bâtiment a été guidée par le concept d'une structure génératrice de formes : l’implantation en U posée sur une double fondation vise à retenir les terres du talus et permet d’ouvrir généreusement la quatrième façade vers la place où un portique abrite les larges baies tout comme les visiteurs. La tour, qui fait office de signal, abrite les circulations verticales. » C’est bien dit, même si, pour Infrabel, ce n’est pas une gare; c’est un PANG- Point d’Arrêt Non Gardé. Cette gare (en fait un abri pour un distributeur de billets) se retrouve au premier emplacement de la ligne ouverte en 1865 par la Compagnie du chemin de fer Liégeois-Limbourgeois.
Gare Herstal. Photo G. Warnier
L’ancienne gare, de l’autre côté du chemin de fer, est donc la deuxième gare, selon l’IPIC « un bâtiment destyle éclectique reconstruit au début du 20e siècle et achevé en 1914. Construction d'allure monumentale ». La gare aujourd’hui désaffectée a été ouverte en 1914. Des mauvaises langues disent que les premiers à débarquer étaient des casques à pointe allemands, et qu’ils avaient même en bon allemand payé leur ticket avant d’embarquer….  L'ancien bâtiment de la gare doit devenir un espace polyvalent. Si tout va bien…
Cette ligne desservait la FN et les Acec, la sucrerie de Liers, ainsi que les Charbonnages d'Abhooz et Bonne-Foi, la Bonne Espérance, la Batterie, Bonne-Fin et Violette et les Charbonnages de la Grande Bacnure.

Un nouveau piétonnier le long des voies

Nous suivons le nouveau piétonnier qui longe les voies. On a une belle vue sur l’arrière des bâtiments industriels deSaroléa. En 1892 on y commence le montage des bicyclettes, puis en 1901 des vélos où l'on a monté un moteur à pétrole quatre temps de 247 cm3. Pour l'Exposition universelle de Liège en 1905, Saroléa sort deux modèles avec un moteur révolutionnaire bi-cylindres en V.
 Le bâtiment de 15 000 m² sur trois étages date de 1928. Cette usine était capable de produire 75 motos par jour. L’usine ferme en 1963. De 1901 à 1963, Saroléa a construit 100.000 motos.
A hauteur de la Marée, à 4 mètres du sentier, deux puits de mine du charbonnage de Belle-Vue, marqués par une borne. Ces ‘tombes’ sont derrière le treillis et envahies par la végétation. Alors qu’il suffisait d’un peu de bonne volonté pour les intégrer dans le sentier…
Nous prenons le tunnel cyclo-pédestre  construit par Infrabel pour remplacer plusieurs passages à niveau non sécurisés.
Infrabel nous a aussi asphalté (et sécurisé) un Ravel Rail que nous traversons. La Ville de Liège a rentré en juillet 2017 un dossier auprès de la Région wallonne afin d’obtenir un subside en vue de réaliser une liaison cyclo-pédestre entre la future passerelle Vivegnis et la gare de Herstal. On a emprunté ce premier tronçon le long du Ravel Rail lors d’unede nos balades santé.

Un tronçon du Sentier des Terrils

Nous empruntons la Ruelle des Renards, un tronçon du Sentier des Terrils : 300 km, de Bernissart à Blegny-Mine. En bas de la ruelle, la maisonnette marquée au fronton ‘1923’ est en train de s’écrouler. Elle abritait le machiniste et le treuil de la mise à terril du charbonnage de Belle Vue.  Nous suivons la rue de la Crête bordée de cerisiers du Japon, avec de part et d'autre les ruines d'une cité de pavillons.  Cette cité fut construite par le charbonnage en 1947 pour y loger ses travailleurs étrangers.  Les 20 pavillons de la rue de la Crête étaient réservés aux familles. Tandis que les pavillons de la rue des Petites Roches étaient aménagés en phalanstère pour les "célibataires", en fait, des gens mariés mais venus en Belgique sans leurs familles.
Un peu plus loin le château de Bernalmont. La travée centrale est couronnée par un fronton triangulaire aux armoiries de Bernalmont, une famille déjà citée au 13e siècle. Les Bernalmont deviendront grands maîtres de houillères. La Grande Bacnure devient propriétaire du château en 1919.
Les bâtiments s'élèvent dans un vaste parc planté d'essences variées. L'aile principale est de la fin du 18e siècle. La Ferme du château complétait autrefois le château, il ne reste que la grange, devenu club-house du golf (2e moitié du 18e siècle).
En 2012 Estate Merchant Investments rénove la ruine (incendie) pour un hôtel de luxe, situé à l'intérieur du parcours de golf, dans un parc arboré. Mais l'affaire n'a pas pu prouver sa rentabilité. Les week-ends, grâce au golf, l'hôtel arrivait à faire le plein de clientèle. En semaine par contre, ses couloirs et ses lits restaient quasiment vides. La faillite a été prononcée en automne 2014. Une faillite un peu étrange, puisque les murs sont restés la propriété des actionnaires Estate Merchant, et seulement les éléments mobiliers ont servis à rembourser les créanciers. Quelques appartements sont proposés à la vente, mais on continue à louer des chambres : 280€ pour 2 nuits chez booking.com (380 prix normal)
En 2016 Merchant a fait et obtenu une demande d’urbanisme pour la rénovation complète du Châteauet le Golf Village I (un lotissement de 10 terrains à bâtir et un bâtiment de 24 appartements, et le Golf Village II (un lotissement de 10 terrains à bâtir et un certain nombre de terrains aptes pour des appartements).
Nous longeons le domaine de Bernalmont par la rue des petites Roches, à droite. Voir http://hachhachhh.blogspot.be/2014/01/balade-au-bernalmont-sur-le-sentier-des.html

Le Ravel  de Liaison Meuse- Liers et le sentier 86

Dans la rue campagne de la Banse nous passons devant un glissement de terrain d’un terril en combustion.
Au croisement avec la rue Herstal nous sommes sur le Ravel  de Liaison Meuse- Liers que nous quittons rue de la Banse. Le paysage autour de la chapelle de Bouxhtay est pour les experts qui ont travaillé sur le Schéma de Structure Communal le plus beau paysage de Herstal. Les ruines de l’ancienne chapelle sont les seuls vestiges de l'ancien château du Bouxhtay, et présentent à ce titre un intérêt principalement archéologique (DUBOIS L., 1897. Notice archéologique et historique sur la chapelle et le château du Bouxthay, Bulletin de la Société d'Art et d'Histoire du Diocèse de Liège, 11, p. 1-43).
On y a exploité le charbon depuis 1250 !
Plus haut, à Vottem, le Ravel de liaison emprunte l’assiette du tram vicinal 467A LIEGE - HOUTAIN-ST-SIMEON.
Mais nous quittons le Ravel pour déboucher dans la rue Rogivaux que nous remontons un peu pour rejoindre via la rue Lucien Colson le sentier 86 qui s’appelle ici sentier de Vottem. Nous traversons la rue Verte pour retrouver notre 86 sous l’appellation de rue de la Baume.Sur notre droite une autre sorte de patrimoine: les forains délogés dans le bas de Herstal pour la construction d’un hall omnisport y ont trouvé un terrain.
Juste avant d’arriver rue sur les Thiers, sur notre gauche, une baraque Albert

La Chapelle de la Vierge des pauvres et Louis Herman De  Koninck

la chapelle Thirifay à Pontisse
Nous traversons la rue pour déboucher rue de l’Agriculture. La Chapelle de la Vierge des pauvres au dessus du sentier qui prolonge la rue de la Baume était au départ un lieu de culte provisoire. Le provisoire a duré. On a collecté pendant des années pour la construction d’une église définitive au cœur de la cité-jardin des Monts. Ce qui pose un problème septante ans plus tard :l’association des œuvres interparoissiales St Barthélémy peut-elle vendre l’espace dénommé ‘jardin du curé’ , Place de Brouckère , prévu pour accueillir cette église, sans référer à la communauté qui a cotisé pour l’acheter? L’Association Des Oeuvres Interparoissiales De L'ancien Doyenné DeSaint-Barthélemy a été créée en  1922.
Cette chapelle a été construite sur le même modèle préfab qu’un tas de maisons sociaux construits dans le cadre des programmes CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier). Ces programmes visaient à remédier au scandale du logement des ouvriers immigrés qu’on faisait venir ici pour travailler dans les charbonnages. Les premières maisons en brique brun-ocre datent de 1928 ; mais les briques jaunes sont CECA. Le système préfab Thirifay de la chapelle a été développé en 1930, dans le cadre d’un concours d'habitations à bon marché lancé par la branche belge des Congrès Internationaux d’Architecture Moderne (CIAM), en marge de l'exposition internationale de 1930, pour le centenaire de la Belgique. Un de ces architectes prestigieux de 1930, Louis Herman De  Koninck, est à la base de ce système Thirifay qu’on a repris tel quel 25 ans plus tard pour les programmes CECA.

Classer les haies de ligustrum dans le cadre des arbres haies remarquables ?

Dans la cité les sentiers sont bordés par des haies de ligustrum. Ces haies auront cent ans en 2028 ! Ne saurait-on les classer, dans le cadre des arbres et haies remarquables ? Deux fonctionnaires de la Région Wallonne ont arpenté pendant dix ans, sur base de demandes émanant aussi bien des communes que de privés, prairies, forêts, parcs et jardins à la recherche des arbres remarquables. Ce recensement, réalisé pour l’ensemble des 262 communes wallonnes, a permis de répertorier plus de 25.000 arbres et haies remarquables. Chacun d’eux dispose d’une fiche signalétique reprenant leur description, leur localisation, leur état sanitaire, leur dimension et l’intérêt qu’il présente (paysager, taille exceptionnelle, dendrologique, curiosité biologique, historique, folklorique/religieux, repère géographique). Ce travail représente un véritable outil pour la défense de notre patrimoine. En effet, ces haies, alignements ou arbres isolés remarquables sont protégés : toute modification de leur silhouette ou toute velléité d’abattage sont subordonnées à une autorisation délivrée par le Collège communal après consultation des services de la Division de la Nature et des Forêts.
Cela contribuerait à restaurer le caractère de cité-jardin un peu perdu mais bien présent (regardez le quartier avec Google Earth !).

Une réflexion sur l’Avenue de Brouckère : ‘une centralité de la place non connectée’.

Fête des voisins 2017 Av. Brouckère
La société Régionale du Logement de Herstal (SRL) réfléchit à une rénovation de l’Avenue de Brouckère et des logements qui la bordent. Du sérieux : ils ont engagé les consultants d’Espace Environnement, qui ont à leur tour engagé des architectes du bureau FHW. Si les bâtiments qui datent des années 50 sont améliorables (il n’y a par exemple pas de chauffage central), la moitié des appartements ont quatre chambres. La SRL n’a pas beaucoup de logements à offrir avec quatre chambres. Avant de faire quoi que ce soit autour de ces bâtiments, il faudra prévoir 24 logements à quatre chambres, en compensation!
Sur la place même la plupart des volets des rez-de-chaussée sont fermés à longueur de journée : les services qui les occupent ne sont ouverts que quelques heures par semaine. Cette problématique des rez-de-chaussées n’est pas l’apanage de la cité, mais je trouve que c’est un peu dommage de ‘déclasser’ pour ça ces appartements. Il y a d’autres solutions. Et la solution adoptée –mise à disposition de certaines assos - n’est pas optimale : il vaut mieux concentrer tout ça dans un centre communautaire dynamique, ouvert tout le temps, avec ces différentes initiatives à tour de rôle.
M. Rochet d’Espace Environnement constate ‘une centralité de la place non connectée’. On ne comprend plus ce que c’est : une place du village, une avenue ? Au départ il y avait tous les commerces sur la place.

Le sentier 86 disparu

Rue du Paradis le sentier 86 a disparu dans le lotissement. Ou plutôt les lotissements : pour faciliter la vie aux promoteurs on a découpé en quatre lots, évitant ainsi une étude d’incidence mobilité et égouttage. Mine de rien : ces lotissements doublent le nombre d’habitants des Monts. Nous traversons quand même en passant en dessous du pylône haute tension du nouveau lotissement rue du Coq Mosan, pour déboucher rue de Milmort.
Après l’épingle à cheveux nous arpenterons la rue de l’Hospice. Dans la rue Henri de Résimont nous rencontrons encore quelques baraques Albert, partie intégrante de notre patrimoine immobilier.
Nous remontons un peu la rue Pierluse pour prendre le sentier dans le prolongement de la rue Bacou.
Le Ravel de la ligne 76 descend en pente douce entre les rues Trixhe Maille et du Doyard. En 1959 les trams ont été remplacés par des bus qui ont gardé le numéro du vicinal (le 76 du TEC Liège Léopold - Herstal – Kanne). Dans l’autre sens, le 76 s’arrête au rond point des Hauts Sarts. Mais notre ami Michel MURZEAU nous a préparé un itinéraire cyclo-pédestre sur la l’A 601, de Pontisse à Tilice. Une fietsostrade  extra large de 10 m.
Le Ravel s’arrête avenue de l’Europe. Le terminus du 76 aussi était au départ rue Malvoye. Sur notre gauche la cité-jardin de l’Europe, construit dans les années 50 face à la crise du logement.

Le Cortil Madame

Via la rue André Deprez et la rue des Monteux nous longeons le Prémadame ou Cortil Madame.
En 1991 M. Santo de la société New Market achète les ateliers duPré‐Madame à la FN Herstal pour le prix d’une friche industrielle. Pendant dix ans il loue le rez à une floppée de PME.  Ca lui rapporte un demi million d’€ par an. Mais le déménagement en 2011 de son locataire principal New Lachaussée change la donne. M. Santo se trouve devant un dilemme: la démolition des constructions (4.6 ha) coûterait plus que la valeur des terrains, du fait de la robustesse des constructions. 650 piles de béton de 6m³ de fondation. On dit que les bâtiments auraient été conçus pour résister aux bombardements. Un peu improbable, mais c’est du solide. Aux rez‐de‐chaussée, des colonnes tous les 7m dans les deux sens. Aux étages, des colonnes tous les 21m dans un sens et 15m dans l’autre. La toiture en shed est soutenue par des poutres Vierendeel d’une portée de 21 m. De plus, des poutres sont placées perpendiculairement tous les 3,5m pour renforcer la structure.
La New Market S.A. propose alors d’accueillir des commerces et des services aux rez ‐de‐chaussée, et de réserver les étages au logements. Une idée géniale. Au lieu d’une valeur négative M. Santo ‘crée’ 4.6 ha de terrains à construire et la même superficie au rez pour des services. Il y a un hic : comment vendre –sur plan - 350 à 400 logements aux étages ? C’est quand même hautement spéculatif ! Quid si on n’arrive pas à remplir ces deux dalles?
Et là,  la Société Régionale du Logement de Herstal (SRLH) vient en aide. New Market signe une convention en 2007 avec la SRL, qui prend en charge le risque d’occupation en contrepartie d’un droit d’emphytéose pour 30 ans. Courant 2010, suite à des coûts de production plus élevés qu’estimés  au départ, le respect du  prix plafond pour la location à la société de logement s’avère trop élevé. New Market réoriente la gestion du projet par de la vente des logements à la SRLH plutôt  que de la location.
Dans la première phase, 150 logements seront construits. Soixante d’entre  eux seront vendus à la SRLH.  Autrement dit : la SRL prend sur lui la moitié du risque de la première phase, la plus délicate!

La vente des premiers logements

Voici comment century21 essaye de vendre : Le futur vous appartient ! Le Pré-Madame ! Soyez les premiers à acquérir votre maison neuve dans un Eco-Village au coeur d'Herstal sur un site chargé d'histoire ! 350 maisons 1, 2 et 3 chambres, disposant toutes d'une terrasse, sur un terrain de 4,8 hectares, 900 emplacements de parking (supplément de 12.500 €), un hôtel avec cafétéria, une crèche, 3.400 m² de bureaux, 1.500 m² de commerces, un espace culturel, etc. Le tout au coeur d'une architecture moderne (7 entrées majestueuses), mettant en valeur l'histoire du site et où la végétation et les espaces verts sont aussi remis à l'honneur. www.pre-madame.eu - www.century21bureaublavier.be www.century21bureaublavier.be
Mi juillet 2017 Sacha Hasson, directeur adjoint du projet annonce la vente des premiers logements : « nous avons déjà prévendus 20 des 25 logements. Quatre le seront par la Société Régionale du Logement de Herstal, qui au total achètera 50 de nos logements. Un autre va être acheté par l'Agence Immobilière Sociale de la Basse-Meuse et quinze autres devraient l'être par un investisseur privé ». Resterait donc cinq logements à acheter dont les prix varieraient de 119.000 euros pour un une chambre à 259.000 euros pour un quatre chambres, cave et terrasse privative comprises.
« La première phase doit s'achever mi-2018,  et comprend, à côté des 25 premiers logements, une maison de repos et résidence-service. Un bail a déjà été signé avec une personne qui gère deux maisons de repos, une à Herstal et une à Xhendelesse. Il va déménager ces deux maisons de repos au Pré Madame. Suivant les résultats, la seconde phase comprendra au minimum 63 logements et peut-être en plus des commerces. La seconde phase pourrait aussi comprendre l'aménagement du hall d'exposition. La Ville de Herstal est intéressée par ce hall qui pourrait accueillir la Cité de la mécanique qu'elle voudrait créer» (Aurélie Drion La Meuse 19 juil. 2017).
Il me semble qu’il s’avance un peu, notre M. Hasson. La Ville intéressée, sans qu’il y a eu un débat public sur le sujet ?
Indépendamment du haut degré spéculatif du projet, restent une série d’autres questions sans réponses. Comment éviter la formation d’une «gated community», la formation d’une cité perchée déconnectée de la ville. Comment vont se gérer les espaces collectifs semi‐publics de l’étage, et à quel prix? L’augmentation des  mobilités automobiles dues à  ce projet  seront probablement difficilement absorbées par le réseau existant déjà à saturation. Et, last but not least, quel danger représente la cartoucherie de la FN classée Seveso?

Olivier DWEK voit une Cité Radieuse !

Le bureau d'architecture Olivier DWEK est spécialisé dans la réhabilitation et la rénovation d'anciens ateliers et de manufactures. Il propose d’évider 56% de la toiture tout en conservant de la structure pour maintenir le caractère industriel de l’architecture. Des «promenoirs» en plein ciel d’une largeur  de 10m, des chemins et placettes dont certains sont couverts. Sur 32.000m² pour les deux dalles, 17.500 seront consacrés aux circulations piétonnes. Il se compare à Le Corbusier « dont le credo était de faire vivre les gens en hauteur. Voyez les logements sociaux de la Cité radieuse qu’il a construits à Marseille au début des années 50. C’est un projet incroyable. Quand on est sur le toit, on a une vue imprenable sur la rade de Marseille. Ce sont des logements sociaux mais avec une vue de milliardaires ! » Autour du village, l’architecte a prévu des parcs au milieu desquels trônera l’hôtel.

Une valeur architecturale  incontestable

New Market invoque la valeur architecturale – incontestable – du bâtiment. L'architecte bruxellois M. Houyoux fut de 1927 à 1931 l'architecte de la F. N. On lui demande un plan pour les départements «Sports» de la F. N.  Il recherche à séparer «le flot continu de la fabrication» de la circulation des matières premières vers les magasins; d’où l’idée de magasins au rez-de-chaussée, les ateliers se trouvant au-dessus. Dans chaque bâtiment quatre groupes de circulations verticales sont établis le long des voies de chemin de fer et rues passant sous les ateliers. Chaque groupe comporte:  1° un monte-charge de 5 X 2,50 m., un monte-charge plus petit, un ascenseur ; 2° Un large escalier avec palier intermédiaire. Ces deux systèmes de circulation débouchent à l'étage dans l'allée centrale des bâtiments ; 3° Les bureaux de contremaîtres dans la dite allée. Un fort pont roulant de 15 m. de portée alimente l'atelier des presses situé au rez-de-chaussée en matières premières, qu'il peut décharger directement des wagons, et porte, d'autre part, à l'étage les produits fabriqués. Ces circulations sont complétées par les monorails suspendus, transporteurs à rouleaux, etc.
Au rez-de-chaussée sont, en outre, établis la sous-station électrique, les transfos, les centrales à huiles et couleurs, des chaudières et réchauffeurs particuliers, etc. L’éclairage doit être maximum, mais sans soleil. Le type Shed ou Raickem adopté par les constructeurs n'agréait pas entièrement à l'architecte. Il améliore l’éclairage  en augmentant l'angle habituel tant en éclairement direct, qu'indirect, la face intérieure du versant plein peinte au lait de chaux devenant du fait de cette augmentation un amplificateur et réflecteur idéal.
Les rez-de-chaussée de 180 * 95 m. et de 150 * 75 m. sont divisés par des piliers suivant un module de 7,50 * 7m., ces piliers supportant le plancher calculé pour une résistance de 1.500 kg. au m2. Dans le but de ne pas encombrer les ateliers par de trop nombreux points d'appui, il adopte des portées de 15 X 21 m. malgré des charges importantes imposées aux poutres par la présence de transmissions, transporteurs, etc. Ces portées ont été réalisées dans le sens des 15 m. par des poutres de fermettes espacées de 3,50 m. supportant la toiture en sheds ; dans le sens de 21 m. ces poutres sont supportées par les membrures inférieures des grands arcs (bow-strings)

Bientôt la Partie II : une Maison Dieu, un temple Antoiniste et un vieux château ; Le frère François Tinlot, architecte des temples antoinistes ; Le manoir Hanxeller, seul vestige de la Renaissance italianisante à Herstal ; le Ravel Meuse et le pont de Wandre, patrimoine historique majeur